Parole
Mon enfant confond certains sons : dois-je m’inquiéter ?
Dire « sapeau » pour « chapeau » ou « tateau » pour « gâteau » est fréquent chez le jeune enfant. La plupart de ces erreurs font partie du développement, mais certaines méritent un avis.
Une acquisition progressive
Les sons de la parole s’acquièrent progressivement au cours des premières années. Certains sons, comme « ch » ou « j », ou les groupes de consonnes comme « tr » ou « bl », sont souvent maîtrisés plus tard que d’autres. Les simplifications — « pati » pour « parti » — ou le remplacement d’un son par un autre sont donc fréquents chez le jeune enfant, et disparaissent le plus souvent avec le temps.
Articulation ou organisation des sons ?
On distingue généralement deux types de difficultés, qui peuvent aussi coexister :
- une difficulté articulatoire : l’enfant a du mal à produire un son précis, quel que soit le mot — par exemple un « s » prononcé avec la langue entre les dents ;
- une difficulté phonologique : l’enfant sait produire le son, mais ne l’utilise pas toujours à bon escient dans les mots, ce qui peut rendre sa parole moins intelligible.
Cette distinction est importante, car l’accompagnement proposé n’est pas le même.
Quand demander un avis ?
- lorsque l’enfant est difficilement compris par les personnes qui ne le connaissent pas, au-delà de ce qui est attendu pour son âge ;
- lorsque les erreurs persistent sans évoluer ;
- lorsque l’enfant semble gêné, frustré, ou qu’il évite de parler ;
- lorsque les difficultés de parole s’accompagnent de difficultés de compréhension ou d’expression ;
- et, tout simplement, lorsque vous vous posez la question.
En cas de doute sur l’audition — par exemple après des otites à répétition —, un avis médical peut également être recommandé.
Comment réagir au quotidien ?
Plutôt que de faire répéter l’enfant ou de le corriger, il est généralement préférable de reprendre naturellement le mot correct : « Oui, c’est un chapeau ! » L’enfant entend ainsi le bon modèle, sans que l’échange devienne un exercice. Se mettre à sa hauteur, lui laisser le temps de s’exprimer et s’intéresser à ce qu’il dit plutôt qu’à la façon dont il le dit aident aussi à préserver son plaisir de communiquer.
Dans un contexte multilingue
Les langues n’ont pas toutes les mêmes sons : le « u » du français n’existe ni en arabe ni en anglais, et certains sons de l’arabe n’existent pas en français. Un enfant multilingue peut donc prononcer certains sons à la manière d’une autre langue, sans que cela traduise une difficulté. L’analyse tient compte des sons propres à chaque langue parlée par l’enfant.
Ces informations sont générales et ne remplacent pas une évaluation individualisée. Chaque enfant est différent : pour toute question concernant votre enfant, n’hésitez pas à prendre contact.
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Un premier échange permet de faire le point sur votre situation et de déterminer si une consultation orthophonique peut être pertinente.
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